Pour la seconde fois l’apôtre utilise, en l’appliquant à nous, l’expression “prédestinés”, autrement dit : destinés d’avance, qui appelle un complément. La prédestination est toujours en relation avec un but que Dieu poursuit. Au verset 5 ce but était de faire de nous des enfants, adoptés pour lui par Jésus Christ. Ici (verset 11), il s’agit de faire de nous des héritiers appelés, en association avec Christ, à la responsabilité d’administrer l’héritage qui lui est dévolu. C’est ce que plusieurs autres passages présentent comme le règne avec lui, par opposition aux souffrances du temps présent1. Mais ici l’accent est mis sur le dessein de Dieu pour le compte de qui, et selon la volonté de qui, toutes choses seront administrées. Toute la scène future, y compris ceux qui seront héritiers avec Christ, sera exclusivement “à la louange de sa gloire” (verset 12).

L’espérance d’Israël

La venue du Messie pour son peuple a été de tout temps l’espérance d’Israël. Écoutons Jacob bénissant Juda et annonçant la venue de Shilo, “à qui sera l’obéissance des peuples”. Souvenons-nous de Moïse parlant d’un prophète qui serait suscité et qu’il faudrait écouter. Pensons à David dans tant de psaumes, ainsi qu’à tous les prophètes. Ceux-ci, nous dit Pierre, ont prophétisé à l’avance, et il leur fut dit que ce n’était pas pour eux-mêmes qu’ils administraient ces choses, mais pour “nous”, la génération qui se levait alors.


Les promesses faites aux pères, qui jalonnent l’histoire du peuple d’Israël à travers tout l’A.T., ont eu leur accomplissement. Le Seigneur Jésus lui-même en fait la synthèse le jour de sa résurrection, dans son entretien avec les deux disciples d’Emmaüs et le même soir avec les onze. Moïse, les Psaumes et les Prophètes, ces trois grandes divisions de leurs Écritures, rendaient par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient. Et parmi ces gloires figure en bonne place celle qui l’attend à la tête de toute la création